12/02/2015

Petits prodiges

Il y a trois ans aujourd'hui nos vies dans la matière se séparaient, la tienne envolée, la mienne dévastée. Tu partais les yeux révulsés mais couvert d'amour, secoué par mes massages cardiaques inhabiles. Doucement ça va mieux. Me voici à peu près en paix avec ça. J'ai accepté ce que je croyais inacceptable. A nouveau j'existe. Je travaille. Je laisse voleter les papillons au gré du vent, petits prodiges sans boussole.
Il y a trois ans aussi, le Sébastien qui t'avait donné sa vie est parti avec toi. Personne ne l'a su, même pas moi. J'ai mis du temps à comprendre cette mort invisible, le temps qu'on dit du deuil. J'ai peut-être feint de ne pas comprendre. C'est très bien ainsi. Sois libre mon ange. Je ne te retiens pas, je ne m'accroche plus à toi. Sur ce foutu mur, les messages que j'égrène se heurtent à ton silence, au vide abrutissant d'un réseau social sur lequel tu ne t'épanchais guère, par bon goût et discrétion. Pour ta simplicité et beaucoup d'autres raisons je t'admirais. Je dois progresser maintenant, vieillir convenablement. Réussir ma vie serait une belle façon de t'être fidèle.
Au fond de mon cœur, même dans mes vieux jours, je te garderai la meilleure place, celle d'un amour intact. En moi, tu seras toujours chez toi.


Pequeños prodigios

Hoy hace tres años que nuestras vidas en la materia se separaron, la tuya en el cielo, la mía devastada. Te fuiste con los ojos en blanco pero cubierto de amor, sacudido por mis masajes cardíacos inhábiles. Sin prisa lo voy superando. Aquí estoy, más o menos en paz con esto. Acepté lo inaceptable. Otra vez existo. Estoy trabajando. Dejo a las mariposas revoletear en el viento, pequeños prodigios sin brújula.
Hace tres años también, el Sébastien que te dio su vida se fue contigo. Nadie lo supo, ni siquiera yo. Tardé en comprender esa muerte invisible, el tiempo dicho del duelo. Quizás finge no comprender. Me parece bien. Sé libre mi amor. No te retengo, ya no me agarro a ti. En este maldito muro me entontezco dejándote mensajes sin sentido ni respuesta. El vacio de la red social no te gustaba. Eras parco en palabras, por buen gusto y por discreción. Por tu sencillez y mucho más cosas te admiraba. Ahora tengo que avanzar, envejecer con decencia. Salir adelante y volver a ser feliz sería una manera bonita de serte fiel.
Hasta mi vejez te guardaré el mejor sitio en el fondo de mi corazón, donde nuestro amor permanecerá intacto. En mi, siempre te quedarás.